La farce électorale

1969 : Le jeune et fringant Alain Krivine publie “La farce électorale”
En guise d’introduction, il choisit de reproduire une texte de Zinoviev de 1924.

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“Lénine sut former quelques députés ouvriers au parlementarisme révolutionnaire. Vous eussiez dû entendre les causeries de Lénine avec nos jeunes députés, quand il leur donnait des leçon de “parlementarisme”. De simples prolétaires de Petrograd (Badaïev et d’autres) nous arrivaient de l’étranger et nous disaient : “Nous voulons nous occuper sérieusement de la législation, nous venons vous demander conseil au sujet du budget, disuter tel projets de loi, débattre tels amendements de détails à un projet des cadets”, etc. Pour toute réponse, Lénine sincèrement éclatait de rire. Et quans confus, ils lui demandaient de quoi il s’agissait, Lénine répondait à Badaïev : “Mon cher, à quoi te sert le budget, l’amendement, le projet des cadets ? Tu es un ouvrier, et la Douma n’est pas faite pour toi. Va simplement dire à toute la Russie quelque chose sur la vie ouvrière. Dépens les horreurs du bagne capitaliste, appelle les travailleurs à la révolution, jette à la face de cette noire Douma l’épithète de “misérables” et “d’exploiteurs”. Dépose un projet de loi en vertu duquel, dans trois ans, bourgeois cents-noirs, nous vous pendrons aux révérbères. Et ce sera notre vrai projet de loi.” Ce sont de tel leçon de parlementarisme que donnait Lénine aux députés.”

G. Zinoviev, Lénine, 1924, Librairie de l’Humanité.
Douma : Parlement
Parti cadet : Parti K.D. : constitutionels-démocrates, parti des bourgeois libéraux monarchistes, fondé en 1905
Cent-noirs : Bandes terroristes organisant pogromes et massacres d’ouvriers révolutionnaires.

Vous êtes cons ou quoi ?

Depuis quelques jours, les foutaises d’Escudero se retrouvent dans les discussions des milieux d’extrême-gauche.
Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, sa thèse [1] se résume à dire : La PMA (homo comme hétéro) c’est la “marchandisation du vivant” au même titre que les OGM, c’est le cheval de Troie du capitalisme dans la procréation.
La comparaison avec les OGM est une foutue escroquerie. Aux dernières nouvelles, les enfants nés d’une PMA ne sont pas brevetés par les médecins qui ont pratiqué la PMA et ils ne sont pas stériles. Il n’y a donc aucun équivalent d’un Monsanto dans l’histoire. Il n’y a non plus aucun risque sanitaire ou écologique lié à la PMA.
Quelques bases en mathématiques suffisent à montrer que le capitalisme n’en à rien à secouer de la PMA en tant que tel :
Chaque année, il y a en France 23 000 naissances par PMA (sur 810 000 [2]). Imaginons qu’on ouvre la PMA aux couples homosexuels et que la stérilité des couple hétéro double, on peut alors imaginer jusqu’à 50 000 PMA par an (soit à peu prêt 6%).
C’est pas évident de trouver le prix d’une PMA (tout dépend du problème de fertilité) mais après une recherche rapide, 5 000€ est plutôt une fourchette haute. [3]
Ce qui nous fait un chiffre d’affaire de 250 millions d’euro par an grand maximum !
Alors certes, le capitalisme a le besoin constant de trouver de nouveaux marchés pour se tirer de ses propres contradictions, mais 250 millions pour le capitalisme français c’est un grain de sable. C’est 0.02% du chiffre d’affaires du CAC 40. C’est l’équivalent d’un seul gros hypermarché (presque 300 millions pour Auchan Vélizy).
Et Bernard Arnault [4] pourrait, avec sa fortune personnelle, payer toutes les PMA pendant 108 ans.
Une fois pour toutes, la thèse du “cheval de Troie du capitalisme” relève donc du pur fantasme conspirationniste…
Bref, le discours d’Escudero est un tissu d’âneries, le délire d’un crétin réactionnaire.
Donc je pose à nouveau la question : Vous êtes cons ou quoi ?

 

[1] Je passe volontairement sur tout le discours sexiste et lgbtphobe qui accompagne tout ça, mais c’est aussi une composante importante de son discours.
[2] Source Insee
[3] Source des sites de cliniques privées choisi au hasard
[4] Celui de LVMH, pas l’autre (tmtc)

 

«Détail», «Fournée» : L’art de noyer le poisson

27 ans séparent ces deux déclarations de Jean-Marie Le Pen, et pourtant sa défense est exactement la même : se focaliser au maximum sur le mot qui coince en oubliant le contexte.

Voilà ce que dit Le Pen :

- Pour le «détail» : Il fallait comprendre le mot comme «une partie», en effet l’Histoire de la seconde guerre mondiale, ce n’est pas uniquement les chambres à gaz. Le mot «détail» peut faire penser que Le Pen minore leur importance, c’est au pire une maladresse mais rien de plus.

- Pour la «fournée» : Il parle de ses détracteurs du showbiz, il a dit fournée comme il aurait pu dire, «une brouette», «une bande», «un ramassis». Et d’ailleurs Caroline Fourest à elle aussi parlé il y a peu de la «fournée des candidats FN». Là aussi utiliser le mot «fournée» est au pire une maladresse. Rien de plus.

Voilà ce qu’il veut faire oublier :

- Au delà du mot détail, la question posé par le journaliste est «Sur le fond, que pensez vous des thèses de MM. Faurisson et Rocques ?» Question à laquelle Le Pen refuse donc de répondre expliquant que la question n’en vaut pas la peine. Il refuse donc de se désolidariser des négationnistes et que la question du génocide ne mérite même pas qu’on s’y intéresse. Voilà le sens du mot “détail” dans sa bouche : un truc négligeable.

- Au delà du mot fournée, Le Pen à parlé de «la prochaine fois». Il y a donc eu une «fois précédente» pendant laquelle «on» en a fait une fournée. Pas besoin d’en dire plus, pour ne pas comprendre de quoi il parle il faut vraiment avoir de caca de Waffen SS à la place des globes oculaires.


[Nous ne sommes pas les derniers - Gravure de Zoran Mušič de 1975 ]

Sur les « quenelles pas antisémite »

Depuis grosso-modo 30 ans que le vote FN est analysé, on connaît l’existence d’une frange d’électeurs complètement désemparés, dépolitisés jusqu’aux os, souvent brisés par la crise qui déclare ne pas être raciste mais voter pour un parti qui leur permet d’exprimer une colère. Contre l’équipe politique en place. Contre le PS ou le RPR/UMP donc. Ou contre les deux (rappelons nous des 9 ans des trois cohabitations)

C’est ce qui permet à un parti comme le Front de maximum 30 000 adhérents (et beaucoup moins de militants) de rafler plus de 6 millions de votes. Pour la clique des Le Pen, ça n’est pas vraiment un problème, ça ne les empêche pas de s’approprier ces votes et parler au nom de ces millions de personnes. Les électeurs « pas racistes », même s’ils ne partagent pas une ligne du programme du Front, renforcent quoi qu’ils en disent son discours réactionnaire. Quand Marion Maréchal Le Pen déclare au sujet de l’IVG que « Ce n’est pas à l’Etat de réparer les inattentions des femmes », cette phrase « pèse » 6 millions d’électeurs. Quand on donne son vote (et donc sa caution) au FN – ou à n’importe quel autre parti – celui-ci en fait au bout du compte ce qu’il en veut. Mieux vaut le savoir avant de voter (ou de s’abstenir).

Et donc ? La quenelle ?

C’est exactement, la même chose. Voter FN ou faire une quenelle « juste pour foutre la merde » sont juste deux façons différentes de se tirer une balle dans le pied.

Les idiots qui font des quenelles un peu partout ne sont pas forcement antisémites, mais cela n’a aucune importance. Même s’ils se veulent juste anti-système, le seul effet réelle produit par la quenelle (qui en soit n’est qu’un geste) est de renforcer Dieudonné et son discours, qui lui, est indiscutablement antisémite.

A ceux qui passent leur temps sur twitter ou facebook à dédouaner ce geste. Vous êtes complètement à coté de la plaque, vous vous faites utiliser pour promouvoir le business juteux des Dieudonné, Alain Soral, Robert Faurisson.

… Et s’il faut vraiment choisir un symbole de ralliement, je prends celui-ci.

Retour au manifeste

Rappel : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes »
On prendra donc garde de s’outiller de la plus grande prudence du monde quant au rôle des « Grands Hommes » et, tout au moins, on gardera en tête l’aspect marginale de cette question.

(le débat sans fin peut reprendre)

Aux primaires du PS aussi, on peut voter pour l’extrême droite

[Edité le 27 février 2014] Depuis la publication de cet article, Armand Legay a quitté le PS. Puis, il a rejoint la liste Front De Gauche pour les municipales du Havres. Il occupe la 12eme place de la liste conduite par Nathalie Nail.

La semaine dernière, le PS du Havre a organisé une primaire ouverte pour les municipales de 2014. En soit, cette info n’a absolument aucun intérêt puisque aucun des 3 postulants ne mérite qu’on fasse l’effort de se lèver un dimanche pour voter, si ce n’est qu’un des candidats à cette primaire était Armand Legay.
Armand, c’est un ancien du PCF, entré au PS en 2005 et signataire de la «motion C» (dites courant «gauche» du PS menée par Benoît Hamon). Jusque-là rien de bien extraordinaire, mais si je prends le temps d’écrire quelque mot sur ce gugusse, c’est parce que comme d’autres, il aime parfois se baigner dans le caca du «ni droite, ni gauche».

Il poste ici sur son compte twitter un article du Comité Valmy intitulé «Syrie : en route pour un nouvel ordre mondial» Tout un programme…

Ce tweet n’a rien d’un accident, on retrouve sa signature sous plusieurs pétitions lancées par ce Comité Valmy, notamment une, contre une possible intervention militaire en Syrie mais aussi en soutiens directe à Bachar el-Assad. On peut en effet y lire : «Même si, et beaucoup d’entre nous ont conscience que ce n’est pas le cas, Bachar el-Assad était bien le dictateur affirmé par les médias du système [...]»
On retrouve donc la signature de notre Havrais aux côtés de celle des staliniens dégénérés (pléonasme) du PRCF, de Thierry Meyssan, du Cercle des Volontaires, du site conspi WikiStrike, du dieudonniste Francesco Condemi, de la négationniste Ginette Skandrani, etc.

Si vous n’êtes toujours pas convaincu, que vous pensez que ce pauvre Armand a simplement signés tout ça sans lire, voyez comment il signe cette pétition :
«Armand Legay – Le Havre – Sociologue – Comité Valmy et adhérent au Parti socialiste
Puisqu’il revendique son appartenance au Comité Valmy, il reste peu de doutes possible sur les opinions politiques du bonhomme.

Pour ceux qui n’ont pas encore la «chance» de connaître le Comité Valmy, on peut le définir comme une alliance entre des staliniens, des souverainistes de droite, des conspis, et toute une frange de l’extrême droite afin de lutter contre l’Empire américain et l’union européenne.
Voilà un petit florilège de ce que vous pouvez trouver sur le blog de du Comité Valmy :
- Un discours de Staline sur la défense de la Patrie : ici
- Thierry Meyssan et ses délires sur le 11 septembre :
- Un article sexiste sur la fameuse “Théorie du Gender” : par là
- Un entretiens entre deux négationnistes, Paul Eric Blanrue et Silvia Cattori : ici même
- Ad lib…

Une petite note positive pour finir, cependant : Armand Legay a fini bon dernier de la primaire PS du Havre avec 58 voix (3,89%). Il ne pourra donc pas accuser les «antifas au service de l’atlantisme» de chercher à saborder sa campagne (dont je n’ai vraiment rien à foutre). On aimerait cependant savoir ce que pensent de tout ça ses petits camarades du PS Havrais ?

Mathématiques appliqués au féminisme

Dans son « Petit cours d’autodéfense intellectuel » Normand Baillargeon insiste – avec raison – sur l’utilité politique de l’outil mathématique et plus particulièrement des statistiques et probabilités.

L’idée est de quantifier – tant que faire se peut – les phénomènes sociaux. Ça ne décortique pas leur nature ou leur mécanisme, mais ça permet d’estimer l’importance qu’il faut leur donner.

On peut par exemple quantifier les violences sexistes en France et les comparer avec les violences terroristes. On peut aussi quantifier le nombre d’articles de presse parlant des violences sexistes et des violences terroristes.

Faisons donc un peu de maths en partant de ces informations :

Dans les couples français, les femmes travaillent donc en moyenne 1 heure et 44 minutes de plus que les hommes. Rapporté aux 15.5 millions de couples (marié, pacsés ou non) cela fait un surplus de 26.9 millions d’heure de travail chaque jour ou 188 millions chaque semaine.

Et cette masse de travail, ça correspond à quoi ? C’est la même que celle de 5 950 000 salariés aux 35h.

A titre de comparaison, le CAC40 emploie en France entre 1.8 et 2 millions de personnes (pas toutes a temps plein, soit 3 fois moins.
A titre de comparaison (bis), les 3 fonctions publiques (Etat territoriale et Hospitalière) en france, c’est 5.5 millions de personnes.
A titre de comparaison (ter) la grande distribution en France, c’est 550 000 salariés, soit 11 fois moins.

Eric Zemmour peut bien amuser ses fans avec la « féminisation de la société », ces quelques multiplications approximatives continuent de montrer que le patriarcat reste un phénomène extrêmement massif. Et je me suis contenté de la question « marginale » de la répartition des tâches ménagères. On peut ajouter dans la balance les différences de rémunération, les viols (leur nombre est équivalant au nombre d’accidents de la route, mortels ou non), etc, etc, etc

De la rhétorique antisémite

Sous couvert d’étymologie de comptoir, cet argument est un grand classique de la rhétorique antisémite.
Que @frhaz (il s’agit du journaliste Frédéric Haziza) ne soit pas sémite n’a aucune espèce d’importance dans la campagne dégueulasse qu’il subit de la part du trio Ayoub-Dieudonné-Soral.

Cet argument est en premier lieu une diversion. Le glissement sémantique qu’a subit le mot fait qu’en 2013 (et depuis longtemps) le mot « antisémite » ne définit rien d’autre que le racisme à l’encontre des juifs.
Et si un militant, qui se fait qualifier d’antisémite, ne trouve rien de mieux qu’une diversion – « Attention derrière toi, une licorne ! » – tout laisse à penser qu’il l’est en effet.

Mais le discours sous-tendu par cet argument est plus largement une négation de l’existence de l’antisémitisme. En effet si l’antisémitisme est la haine des « sémites » au sens strict du terme, alors ni personne ni aucun courant politique ne l’est et celui qui dénonce l’antisémitisme est un idiot ou un malhonnête.
Nos fachos en herbes peuvent donc ensuite facilement se réfugier derrière un mot moins (ou pas) infamant : antisionisme ou antijudaïsme.
Joli tour de passe-passe.

Pourtant quand il s’agit de discriminer, les antisémites ne font pas vraiment de nuance, si un de leurs opposants n’est manifestement pas juif (et qu’en plus il s’oppose à la politique de l’État israélien) – au hasard Olivier Besancenot – alors c’est au mieux un « idiot utile de l’Empire » et un pire un « tapin du système ». Bref, pour les antisémites, leurs ennemis sont tous plus ou moins des juifs. Notez que les nazis déjà avaient une définition de « Juif » plus large que la simple appartenance à la religion. (clic)

Petit précision : je ne connais pas Haziza, je n’ai jamais vu ni écouté une seule de ses émissions. Il semblerait qu’il soit sarkoziste, je ne sais pas si c’est vrai, mais dans cette histoire ça n’a absolument aucune importance. Il se trouve que les fafs s’attaquent à lui aujourd’hui, ils s’attaqueront demain de la même façon à n’importe quel juif, y compris ceux dont je me sens politiquement proche (encore au hasard Alain Krivine).

PS : Je profite de cette note pour signaler un autre sophisme linguistique du même ordre que j’ai pu croiser (plus rarement). Pour les nazillons, parler de « génocide » est erroné puisque le « géno » existe toujours aujourd’hui, il faudrait donc parler de « tentative de génocide ». Si quelqu’un vous dit ça, pas d’hésitation : vomissez-lui dessus.

Etienne Chouard : Supplément

Le site d’Étienne Chouard étant extrêmement mal foutu, on ne remarque pas tout de suite sa longue liste de “liens préférés”. Elle est pourtant en page d’accueil, mais tout en bas de la page. Sans plus de commentaires et en complément de mon article du mois dernier voici donc une capture intégrale de cette liste dont j’ai surligné en rouge quelques liens (cliquez sur l’image) :

Et si vous n’y voyez rien à redire, tant pis pour vous.

Ça mange pas de pain de défendre la liberté des dominants. Ils l’ont déjà.

Ce matin sur France Inter, Cohn Bendit a défendu la “liberté d’expression” de Marine Le Pen.
Oh ! il a bien précisé qu’elle disait des conneries. Mais aussi que la “liberté d’expression” devait primer.
Comme si quelqu’un menaçait la liberté d’expression des classes dominantes.
Car concrètement, le dirigeant d’un parti politique (FN ou autre), ne peut pas :
- Appeler à la violence (mince alors, c’est interdit de dire “j’appelle tous les Français a casser du pédé”)
- Inciter à la haine (qui est de fait une façon détourner d’appeler a la violence)
- Nier un génocide (qui n’est qu’une façon spécifique d’inciter à la haine)

Et à part ça ? Et bien c’est tout.
Un dirigeant de parti a le droit de mentir, d’inventer des statistiques quitte à ce que celles-ci désignent comme dangereux les homosexuels, les chômeurs ou les immigrés, il a le droit de dire qu’une guerre est humanitaire, que le nucléaire est sûr, que nous vivons dans un pays bolchévique, que le droit de licencier sans limite est un moyen de lutter contre le chômage, etc
Leur liberté est pratiquement sans limite et ça ne suffit pas. Il faudrait encore que personne ne vienne leur dire que leur discours pue la merde.

Comparez cette situation avec les limitations qui existent au droit de grève. Selon les secteurs, on trouve : des obligations de préavis, de service-minimum, des réquisitions de grèvistes, l’interdiction des grèves perlées, l’interdiction des grèves du zèle, l’interdiction des piquets de grève, l’interdiction des grèves politiques, etc, etc, etc

La VRAIE problématique (disons la principale) de la liberté d’expression n’est pas “Que peut-on dire ?“, mais “Qui a accès aux moyens d’expressions ?” Et là, si le tableau est loin d’être rose, le FN n’a vraiment pas à se plaindre :

- Sur les 12 derniers mois, combien de personnes en France ont eu accès aux médias autant que Marine Le Pen ? 10 ? 20 ? 50 ? pas plus en tout cas.
- Quelle autre organisation que le FN a droit à des portraits de ses militants de base ? (“le jeune facho mais finalement comme vous et moi” c’est tellement sulfureux)
- En somme, qui peut prétendre n’avoir jamais entendu les thèses du FN, aujourd’hui en France ? La flamme du FN est aussi connue que le logo de Carrefour.

Et au contraire :

- Alors que le chômage est reconnu comme la 1ere préoccupation qui dans votre entourage connaît AC! ?
- Dans quels médias les rroms expulsés par Valls s’expriment-ils ?
- Où est la parole des grévistes quand celle de leurs patrons est partout ? Et la parole des suicidés de France Télécom ? Des accidentés du travail ? Des taulards ? Des femmes battues ? De l’employé du Mc Do qu’on pousse à démissionner ? De celui qui ne trouve pas d’appart à louer parce qu’il est noir ? De son fils ado qui se fait contrôler 3 fois par jour ?
- Et hors de la classe dominante, qui a la liberté de s’exprimer comme ça :

Mesdames et messieurs : Venise

La liberté d’expression, c’est comme la liberté de se déplacer, il y a assez peu de vrai interdit. En France, tout le monde a le droit de changer de lieu de résidence tous les mois, de prendre l’avion pour visiter 15 pays dans l’année, mais qui a les moyens de le faire VRAIMENT ?

Tu veux défendre la liberté d’expression Daniel ? Ferme donc ta bouche, ça fera toujours un peu plus de place pour ceux dont on entend pas la parole.